Roman graphique

suture n.f : opération qui consiste à rapprocher les bords d’une plaie

Suture est un roman graphique, fort, dur, éprouvant par moments, mais qui frappe tellement juste.

Comment grandir, se construire sans l’amour de sa famille ?
L’indifférence et ses conséquences peuvent devenir une forme d’abus parfois plus brutale que la violence physique.

Ce récit autobiographique permet à David Small d’opérer une véritable thérapie artistique.

Il retrace avec subtilité les étapes de son enfances singulière, celle d’un être innocent sacrifié à l’indifférence de ses parents et aux excès d’un époque où la fée nucléaire soignait les conflit internationaux comme les fatigues chroniques.

La force de Sutures tient à l’écho de cette voix étouffée d’une exceptionnelle justesse qui nous parvient intacte, comme réchappée des ténèbres.

Ce roman nous emporte dans un flot d’émotions et de sentiments incroyablement mis en scène.

L’histoire commence dans les années 50.
Le petit David a dix ans.
Entre un père radiologue souvent absent, une mère maniaco-dépressive, une grand-mère internée et un grand frère se réfugiant en tapant sur sa batterie, David se retrouve perdu au sein d’une famille où toute tentative de communication semble vouée à l’échec.

Pour soigner des problèmes de sinus récurrents, son père, très au fait des nouvelles avancées scientifiques, lui prescrit des séances intensives de radiographie.

Plusieurs années passent avant que l’on ne découvre une excroissance dans le cou du garçon.
Le diagnostic initial laisse penser à un simple kyste.
Les parents font trainer l’opération, sous des prétextes financiers.

Hélas, le pire arrive et le kyste se révèle être une tumeur cancéreuse.

Afin d’échapper à cet univers cruel, le confrontant à l’égoisme et l’indifférence, David n’aura d’autre solution que de se réfugier dans le dessin et l’imaginaire.

Mais les cauchemars sont récurrents et le terrifient.

Le récit avance au fil d’évènements marquants et très significatifs qui arrivent à rendre parfaitement l’enfance du garçon.
David décrit sa vie avec amertume mais sans la mechanceté ou la violence qu’on aurait pu attendre de la part d’un enfant rejeté.
Devenu adulte, il ferait même preuve de compassion devant la déchéance de ses parents.

L’album est fait de sensibilité, de suggestions et de sobriété.

Aucun misérabilisme ne l’habite et le récit en est d’autant plus poignant.

Ce parcours si difficile sera finalement une véritable quête de soi pour David qui saura déjouer les pièges de l’amertume et de la haine pour mieux avancer dans son futur.


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